Chris
MartineauElle traverse les écritures contemporaines, en tant qu’interprète, improvisatrice, et dans un travail de composition. Elle explore la matière des sons et des mots souvent en résonance avec des architectures et paysages. Son fil musical l’a conduite du classique à la musique contemporaine et électroacoustique. Les musiques traditionnelles ont toujours également nourri son jeu musical (enfance au pays basque, rencontre avec des musiciens irlandais, hongrois, indiens…étude de différentes techniques de cordes, et de chant). Elle a été la partenaire de jeu de Benat Achiary dans les années 80. Elle est en 87 la cofondatrice d’Eclats (Bordeaux)(action pédagogique).Depuis 1994, elle a interprété au sein de la compagnie lyrique Le Grain et sous la direction de Christine Dormoy, deux créations autour des musiques de Scelsi (Octologo, Khoom), Concertino pour trio de clowns (musique M.Musseau), l’opéra Vertiges (musique JP Drouet et texte de P Kermann), Philophonie (textes philosophiques et musiques improvisées) puis Ajour de V. Novarina (avec une commande musicale pour alto et voix, création festival d’Avignon 2007 dans la Cave du Pape de la Chartreuse). Elle est également membre de plusieurs ensembles comme le quatuor d’improvisation Lux Nox Mix (Bordeaux-Budapest) du groupe d’intervention de lecture Mon Beau Miroir, des duos Barkatu Bartok et Les Fleurs de Bach, d’un collectif de clowns, de la compagnie du sculpteur Denis Tricot (Danse et Orgue de bois). Elle compose pour la scène, l’image, des jardins, des grottes…
Julie Läderach
Violoncelliste de formation classique avec une spécialisation en musique contemporaine (Conservatoire de Luxembourg, Géorgie, Lettonie et Bordeaux) elle a travaillé avec
différentes formations (Ensemble Takloy, Blok, Le cirque Zanzibar et les Nouveaux Nez, DoubleFaze,
LuxNoxMix) et mène concerts et performances avec des collaborateurs aussi divers que Musique de Nuit, l’Institut Culturel Basque, ou des musiciens
géorgiens. Actuellement, elle est dans une démarche de création et s’est tournée vers le spectacle vivant
en associant le violoncelle aux différents arts de la scène. Elle inclut dans son travail le rapport corps-espace, corps-musical, corps-instrument et corps en
mouvement. Elle joue dans des duos aux horizons très variés : Les Fleurs de Bach
avec Chris Martineau, altiste et chanteuse, avec la pianiste Yoshiko Tominaga autour des musiques de Géorgie, avec les musiciens basques Maddi Oihenart ou Kristof Hiriart, ou encore avec la
trapéziste Laetitia Viecelli. Elle a aussi joué avec le violoncelliste Ernst Reijseger au Bordeaux Jazz Festival en 2008. Enfin, elle est membre-fondatrice du projet Les Imprévisibles, rencontre d’artistes musiciens, danseurs, d’ici et d’ailleurs, réunis par la pratique de l’improvisation en
spectacle. Actuellement, elle joue avec le Théâtre du Phare La mort du Roi
Tsongor, une adaptation du roman de Laurent Gaudé pour un conteur et une violoncelliste. Elle joue avec la compagnie Lagunarte (pays basque) pour le spectacle Dong ! et dans le spectacle Dracula ou la non-mort avec la compagnie Intérieur Nuit (Bordeaux). Récemment elle a joué avec Brigitte
Comard pour son dernier spectacle en résidence à l’Oara Vélos en chinois c’est imprononçable. En 2009 elle est invitée en Géorgie au festival de
Batumi avec Maddi Oihenart et en Croatie avec la danseuse Julie Oosthoek pour un workshop autour de l’improvisation.
Les sens des sons
5ème
stage d'improvisation musicale
Intervenantes: Chris Martineau Julie Läderach
« L’improvisation comme territoire de l’écriture, de la rencontre et de la transmission. La musique improvisée ne correspond à aucun style, langage ou esthétique définis, elle développe un vocabulaire issu avant tout de son imaginaire ou paysage intérieur irrigué par toutes les expériences vécues et les différents langages croisés sur son parcours. L’improvisation peut se définir comme une « composition sur le champ », sans préalables définis. Ici, pas de temps différé pour la gestation. La composition est instantanée et surgit dans l’énergie du geste. L’improvisation, cette manière particulière de se positionner dans l’acte de création, un passage à l’acte, devient le territoire de l’écriture, la captation possible de l’éphémère, la mise en forme dans l’instant du bouleversement de la pensée. L’expression n’en est que le témoin, la résonance sensible. L’improvisation interroge le rapport au temps, le jeu et l’écriture se déroulant en simultané avec pour seul guide, l’écoute. Ouverture des sens, disponibilité, générosité et prise de risques, autant de conditions nécessaires à la fois pour l’acteur et le spectateur. Le processus de création devient aussi l’objet de la forme spectaculaire. Il est le creuset d’où pourra surgir l’émotion esthétique, fragile et impalpable. Cela suppose pour l’improvisateur une intense préparation en amont, un appui sur une pratique conséquente. Il est essentiel aujourd’hui pour les artistes de pouvoir partager leurs pratiques en dehors des contextes de production de spectacles, de se confronter à d’autres expressions, d’échapper aux territoires balisés et aux répétitions formelles. Les rencontres d’improvisation ont cette fonction. Le travail de transmission s’inscrit également dans cette dynamique. Des musiciens en parcours de formation sont soumis aux mêmes questionnements, subissent quotidiennement le décalage entre la difficulté technique et l’expression, le désir de création et les blocages parfois insurmontables…L’apprentissage est un long parcours tout au long duquel on oublie parfois l’importance de ces activités humaines essentielles : le jeu, l’invention. »
Intervenant-Soundpainter: Sylvain Roux
«S’exprimer dans